Alcipe a la peche.

– LE TILAPIA.

Après avoir quitté définitivement la réserve militaire en 1924 et s’être marié avec Marie Xavia, Alcipe s’installe dans le village de Bél-Air, dans les hauts de Saint-Paul. Il y construit progressivement une nouvelle vie de famille. Pourtant, il ne se détache jamais complètement du plateau de l’îlet où il cultive ses géraniums et où il a trouvé refuge après les tragédies de 1919.

Sa vie s’organise alors entre deux lieux : Bél-Air, où vivent son épouse et ses enfants, et les hauteurs, où se trouvent ses cultures, ses animaux et les travaux nécessaires à l’activité agricole. Chaque semaine, Alcipe descend ou rejoint le village pour retrouver les siens, puis reprend le sentier vers l’îlet.

En juillet 1944, alors qu’il vit toujours selon ce rythme, Alcipe organise une partie de pêche avec ses fils Antoine et Damien. Leur destination est l’étang de Saint-Paul, près du Moulin à Eau. Ils suivent les sentiers connus des hauts et du littoral pour pêcher les petits lapiaz, dont ils rapportent suffisamment de poissons pour préparer un cari en sauce.

Ce week-end de pêche devient le dernier qu’Alcipe partage avec sa famille. Le lundi 10 juillet 1944, souffrant de douleurs abdominales et de malaise, il ne peut repartir vers l’îlet. Il meurt dans la nuit, vers vingt-trois heures, à proximité du village de Bél-Air, dans l’ancien secteur du sentier Gazogue, au chemin des Barrières.

Cette quinzième partie, raconte ce dernier moment de partage : le travail dans les hauts, la pêche, le repas familial et la disparition d’un homme dont la vie a été liée aux chemins, à la terre, à l’eau et aux paysages de Saint-Paul.

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